Accompagner la grossesse et la naissance
La psychologue Marie-Suzanne Berdux anime, ce soir, une conférence-débat sur le thème des rapports parents-enfants.
Marie-Suzanne Berdux, vous êtes psychologue au Pavillon de la femme et de l'enfant du centre hospitalier de Saint-Brieuc. Dans quelles situations êtes-vous amenée à apporter votre contribution ?
J'accompagne les personnes qui rencontrent des difficultés au moment de la grossesse, qui s'interrogent, vivent des moments difficiles... C'est naturel de se poser des questions au moment d'une naissance. Ce n'est pas uniquement synonyme de bonheur. Quand on devient parent, on requestionne l'enfant que l'on a été. Je suis un maillon dans l'équipe qui entoure les parents à l'hôpital. Mon travail, c'est de m'occuper de l'enfant blessé dans chaque parent. La psychologie peut nous aider à savoir comment on fonctionne. La sage-femme aide la maman à mettre l'enfant au monde. Je suis un peu la sage-femme des parents car une naissance est un moment privilégié pour accoucher de soi-même, alléger son passé, ce que j'appelle alléger sa valise.
Dans la transmission entre générations, chacun doit porter cette valise, cette sorte d'héritage qui naît avec nous ?
Notre héritage, ce peut être un secret de famille ou tout simplement un nom ou un prénom. Dans le choix d'un prénom par exemple, il y a des projections, des rêves mais aussi un choix de l'inconscient qui s'impose à l'enfant. Quand on a peur que l'enfant ne vient pas, on retrouve inconsciemment des Sylvie (s'il vit...) ou Sylvain (s'il vint). Il y a le prénom qui renvoie à un aïeul décédé. René (renaît) arrive aussi dans des familles qui ont connu un deuil. Si c'était conscient, on ne mettrait pas ce prénom. Quant aux noms, ils peuvent être difficiles à porter comme pour les enfants des personnes célèbres. Un nom comme Seznec, ce peut être terrible à porter pour les générations à venir quand un grand-père n'a pas été réhabilité. Denis Seznec fait un travail pour vider la valise de la famille. En tant que parents, ce que l'on peut faire c'est penser à nos enfants en leur léguant la valise la moins lourde possible.
Il faut alléger la valise des secrets de famille...
Avec une valise très lourde, c'est comme pour un voyageur, on n'avance pas dans la vie, on ne peut plus rien mettre dedans. On essaye donc ensemble de l'ouvrir et de faire un tri. Les secrets de famille, on met beaucoup d'énergie à les masquer. Des mensonges entraînent d'autres mensonges. Pour les parents, le meilleur travail à faire c'est d'être un filtre. Alléger sa valise, c'est en offrir une plus légère à son enfant. Avec un sac à dos, si je peux prendre cette image, il sera plus à l'aise dans sa vie, il aura les mains libres.
Conférence ce jeudi à 20 h 30, salle n° 1 du centre Savidan, organisée par l'association départementale des familles d'accueil et assistantes maternelles de Côtes-d'Armor. Entrée gratuite pour les adhérents, 1 € pour les autres.
Ouest-France du 14 juin 207