| Assistante maternelle ou familiale est un métier très féminin. Il suffit d'aller à Aumont-Aubrac ce week-end pour s'en rendre compte. L'Union fédérative nationale des associations de familles d'accueil et assistantes maternelles (Ufnafaam), qui regroupe 20 000 assistantes maternelles sur 300 000 dans le pays, y tient en effet l'un de ses deux congrès annuels et sur les 380 participants environ (représentant 46 départements), 99 % sont des femmes. C'est la deuxième fois en six ans que l'Ufnafaam se réunit en Lozère - après Mende en 2001. Pendant deux jours, toutes ces assistantes maternelles vont faire le point sur les évolutions législatives, la loi Sarkozy notamment qui a fait évoluer les statuts et convention, mais aussi effectuer quelques formations complémentaires.
La plupart de ces gentilles nounous semblent pourtant avoir beaucoup d'expérience. La moyenne d'âge se situe en effet autour des 45-50 ans - ce qui posera d'ailleurs bientôt le problème de la relève comme dans beaucoup d'autres professions -, mais de telles piqûres de rappels sont nécessaires, « puisque l'on travaille avec l'enfant, donc sur l'humain. Cela évolue en permanence », appuie Marie-France Le Gouguec, conseillère technique de l'Ufnafaam.
Ainsi, hier matin, un premier exposé de Michèle Becquemin abordait le thème "Du berceau à l'école", traitant surtout de la protection judiciaire de l'enfant, puisque les assistantes familiales accueillent en fait des mineurs placés temporairement par la Justice pour faire face, au sein du foyer familial, à des difficultés ou carences sociales ou éducatives. Tout au long du week-end, d'autres sujets vont être ensuite creusés. Par exemple, comment écouter un enfant ?, les troubles du comportement alimentaire, les troubles du langage, les accidents domestiques, la construction de l'enfant responsable ou encore l'enfant et l'estime de soi. Les ateliers du dimanche étant plus individuels en fonction des problématiques que rencontrent chacune de ces assistantes.
« Tout cela montre, ajoute Marie-France Le Gouguec,que le métier s'est considérablement professionnalisé. La loi a commencé à le reconnaître depuis 1977 et c'était d'autant plus prégnant depuis les évolutions législatives de 1992 et 2005, évolutions que notre fédération a appuyées. D'ailleurs, des formations encore plus appuyées sont nécessaires pour obtenir l'agrément délivré par le conseil général et qui permet d'être assistant maternelle (c'est-à-dire en crèche ou à domicile, Ndlr) ou familiale ».
En Lozère, 34 femmes disposent de cet agrément, « là où il en faudrait une bonne cinquantaine, intervient Colette Vignau, présidente de la structure lozérienne et dans le métier depuis 22 ans. Car dans un département rural, il ne peut pas y avoir de structures d'accueil sur tout le territoire. Quant aux familles d'accueil, elles ne doivent pas recevoir plus de trois enfants... Mais nous sommes de plus en plus sollicitées ». En effet, la Lozère n'échappe pas à certains problèmes familiaux et ce sont parfois des fratries entières qui nécessitent un placement temporaire. De plus, un fort partenariat s'est engagé avec les maisons d'enfant à caractère social (Mecs), la Providence par exemple. Et face à certaines difficultés, l'assistante familiale se retrouve parfois désœuvrée. D'où l'intérêt de ces congrès pour constamment évoluer avec la société.
Ludovic TRABUCHET JOURNAL MIDI LIBRE |